ÉDITO : Retrouvailles sur le net

Je renoue le fil du dialogue au travers de ce site internet, dont la production avait été interrompue suite à mon départ du gouvernement. Depuis septembre dernier, j’ai repris mon travail de député, au sein d’une majorité dans laquelle les parlementaires élus en juin 2017 ont trouvé leur place. Cela suppose un travail d’humilité, et la capacité à trouver de nouvelles formes d’action politique.

Je ne vais évidemment pas écrire que les attaques et les accusations auxquelles j’ai dû faire face ont été une bonne chose. Elles ont stoppé net une action que j’entendais mener dans la durée, au service de la transition écologique.

Mais que pèse cet emballement médiatique aussi violent que fugace face à ce que notre pays a dû depuis affronter ? Une crise sanitaire qui n’est pas derrière nous, une crise économique et sociale dont nous ne percevons que les prémices, une crise de valeurs, aussi, qui interroge ce qui fait notre histoire comme notre avenir.

La vie politique, comme la vie tout court, ce n’est pas seulement ce qu’on construit ou ce qu’on a imaginé : c’est aussi la manière dont on réagit à des événements qu’on n’a pas maîtrisés.

Dans toute crise, il y a des opportunités.

L’opportunité de promouvoir une écologie du réel, qui passe par la rencontre d’acteurs pour lesquels les transitions sont des contraintes, afin de mieux les comprendre et de voir comment on pourrait mieux les accompagner. Par la découverte des solutions qui marchent. Par des contacts, sans les contraintes d’un « agenda de ministre », avec des acteurs avec lesquels j’ai travaillé, pour mesurer les avancées réalisées, comme les difficultés rencontrées. Ces immersions (qui ne sont pas possibles quand on exerce des responsabilités au gouvernement ou à la présidence de l’assemblée) alimenteront dans les mois qui viennent mon travail parlementaire – de proposition, de contrôle de l’Etat, d’interpellation des pouvoirs publics.

Je veux également concentrer une partie mon action législative et de mes interventions publiques à faire avancer des causes qui, outre l’écologie, sont au cœur de mon engagement :  je pense aux nouveaux droits pour les individus (notamment en ce qui concerne la fin de vie) et à la laïcité face à la tentation du repli communautariste, voire du séparatisme.

Il y a enfin le combat nécessaire contre des dérives qui menacent la démocratie représentative. Les faux débats qui éloignent de l’essentiel. Les fake News qui induisent en erreur. La préférence donnée à l’image spectaculaire ou au sentiment (pour ne pas dire aux ressentiments) sur le dialogue et la réflexion rationnels. Cette dérive nous concerne tous. Elle se nourrit de nos usages des réseaux sociaux, de notre acceptation d’une information toujours plus immédiate et sensationnaliste. De la volonté aussi de certains acteurs politiques aussi, qui, faute de convaincre lors des élections, tentent de s’imposer par l’intimidation ou par la démolition.

Voilà de quoi il sera question ici.