ÉDITO : une nouvelle équipe gouvernementale pour répondre à la crise

La France a donc un nouveau gouvernement.
Le Président de la République l’avait annoncé : à nouveau chemin, nouvelle équipe. Avant toute chose, je tiens à rendre hommage à Édouard Philippe avec qui j’ai travaillé en tant que Président de l’Assemblée nationale puis en tant que ministre d’Etat. Il a dirigé le gouvernement de la France avec sérieux, rigueur et sens de l’intérêt général. Il l’a parfaitement montré face à la crise du coronavirus.
Le Président de la République a fait un constat qui est largement partagé : la crise sanitaire a créé une situation tellement inédite qu’on ne peut plus gouverner comme avant, mener les politiques publiques comme si cette crise n’était qu’une parenthèse.
Car cette crise crée un nouveau contexte, sanitaire et économique. Car si toutes les courbes montrent que nous avons aplati l’épidémie grâce aux efforts de chacune et de chacun pendant le confinement et dans le déconfinement, il nous faut apprendre à vivre avec un virus qui est toujours là. On doit se tenir prêts à affronter de nouveau si sa circulation devait repartir à la hausse demain.
Il nous faut surtout reconstruire une économie profondément atteinte par la décroissance que le monde a connu au cours du premier semestre de cette année. Le recul, à l’échelle mondiale et la France n’échappe pas à la règle, est d’une brutalité et d’une ampleur jamais vues.
La France ne surmontera la crise qu’à trois conditions : qu’elle agisse dans et par l’Europe, qu’elle donne du sens à un projet national, et qu’elle cultive son unité.
L’Europe qu’on disait divisée et qui a tardé à réagir lorsque le virus nous a touchés est finalement au rendez-vous : l’initiative franco-allemande, le desserrement des règles budgétaires et la politique de la Banque Centrale Européenne permettent à la France d’agir avec plus de force. Sécurité monétaire et taux d’intérêt très bas – alors que la dette n’a jamais été aussi élevée – sont les points d’appui pour les mesures prises par le Parlement français : cela a permis d’injecter des sommes considérables pour soutenir l’activité économique vont permettre de dégager les moyens d’un plan de relance de l’économie à la hauteur du défi.
L’écologie sera au cœur de ces choix d’investissement : je me réjouis que ma collègue et amie Barbara Pompili soit désormais la ministre en charge de la transition écologique. Je connais son expérience, tant au gouvernement – elle a été secrétaire d’Etat à la biodiversité- qu’au Parlement où elle a présidé pendant trois ans la commission du développement durable. Je connais sa compétence et sa détermination : elle agira pour que la dette financière née de la crise, qui pèsera sur les générations qui nous succèderont, contribue à réduire la dette écologique que nous nous apprêtions, avant la crise, à leur léguer. Elle agira avec des convictions écologiques fortes et anciennes mais aussi avec un pragmatisme ancré dans sa pratique d’élue de terrain, elle qui est élue de la Somme depuis plus de huit ans.
Les mesures qu’il faudra prendre dans les prochaines semaines pour accélérer la reprise économique, pour préserver notre modèle social, le rénover pour le consolider, pour soutenir les territoires les plus durement touchés par la récession ne pourront l’être par le gouvernement seul : Jean Castex, que les Français connaissent peu mais qui est unanimement reconnu comme un artisan du dialogue social par tous ceux qui l’ont côtoyé, a inscrit la concertation et de la négociation avec les partenaires sociaux et les territoires au cœur de sa méthode de gouvernement. L’équipe qu’il a constituée, composée de talents venus d’horizons très variés, illustre sa volonté de rassembler.
Il pourra compter, pour l’accompagner dans sa tâche, sur les députés de la majorité imprégnés des réalités de chacun de leurs territoires, désireux d’établir un dialogue fructueux avec le gouvernement pour contribuer à la loi, et conscients de la gravité du moment.