La bataille du Parlement ne fait que commencer

Un an déjà ! Les élections législatives de 2017 ont profondément renouvelé l’Assemblée nationale : près de trois députés sur quatre sont des nouveaux, et surtout des nouvelles. Particulièrement visible au sein des groupes de la République en Marche et du MoDem, ce renouvellement est aussi réel dans le groupe de la France insoumise, où tous les membres, sauf un, n’avaient jamais été parlementaires. Celui des Républicains est composé à 50 % de nouveaux. La fin du cumul des mandats a également amené les députés à être beaucoup plus présents à l’Assemblée.

A peine élu, j’ai lancé des réformes qui avaient été trop longtemps repoussées. Fin du régime spécial de retraite, interdiction des emplois familiaux parmi les collaborateurs parlementaires, suppression de la gratuité des transports pour les anciens députés, contrôle des frais de mandat : autant de mesures qu’il fallait adopter rapidement pour crever l’abcès du soupçon et de la défiance. Mais l’essentiel est maintenant de renforcer le Parlement.

Sans attendre l’indispensable révision de la Constitution, nous avons commencé à transformer nos modes de fonctionnement : dématérialisation totale des documents, lancement de consultations citoyennes et instauration d’une semaine de l’évaluation de l’efficacité de la dépense publique. Pour conduire ces changements, j’ai adopté une méthode claire : dialoguer, rassembler, décider. J’ai mobilisé des députés de tous les groupes politiques.
Face à l’anti-parlementarisme, je mène sans relâche la bataille de la revalorisation du Parlement.

La révision constitutionnelle voulue par le président de la République entre, enfin, dans sa phase active. Les engagements les plus emblématiques vont être mis en œuvre : réduction de 30 % du nombre de députés et de sénateurs, limitation à trois mandats dans le temps. Surtout, nous avons là l’occasion de redonner du poids au Parlement : un Parlement mieux organisé, plus efficace et plus utile. Les grands débats politiques doivent avoir lieu à l’Assemblée nationale, cœur battant de notre démocratie. Parce que toutes les sensibilités y sont représentés. Elles y ont toutes la parole. C’est pour cela qu’il est important de veiller au respect du temps de parole de chacun.

Le rôle du Parlement est de voter de bonnes lois. Pour cela, il faut commencer par évaluer l’efficacité des lois existantes. Il faut aussi rendre notre ordre du jour plus prévisible, pour pouvoir préparer en amont les textes. Non, les meilleurs débats ne sont pas les plus longs : avec la nouvelle génération des députés, je travaille à améliorer nos procédures. C’est ce qui obligera les gouvernements à mieux prendre en compte les amendements des députés qui portent la voix des citoyens.

Avec la fabrique de la loi, évaluer le coût et l’efficacité des politiques publiques fait partie des missions d’une assemblée moderne. Or, l’Assemblée nationale ne dispose que de moyens limités pour y parvenir. La réforme de la Constitution est l’occasion de renforcer l’autonomie et les moyens du Parlement. Les gouvernements auront tout à gagner à s’appuyer sur ce travail d’évaluation.

Et la démocratie sortira renforcée de débats législatifs qui feront primer le travail de fond sur les polémiques.

Depuis un an, les députés travaillent intensément. Ils n’ont jamais été aussi nombreux à s’investir dans le travail de l’Assemblée. Demain, il faut donner à ce travail plus de visibilité et plus d’efficacité. C’est ce que j’appelle la bataille du Parlement. Elle ne fait que commencer.